17 août 2012

J.J. Abrams : "Le coût de production des films est grotesque"

J.J. Abrams travaille en ce moment sur la post-production de son film Star Trek 2, dont le budget dépassera de loin celui de ses précédents, à son grand dam.
En effet, si Star Trek et Mission: Impossible III ont coûté chacun $150 millions de dollars, c'est peu, comparé aux films de Michael Bay (Transformers) ou Christopher Nolan (Batman : la trilogie). Pour Abrams, les montants injectés aujourd'hui dans les productions hollywoodiennes sont "embarrassant et grotesques". Le problème, c'est qu'il est quasiment le seul à le penser.
"On prévoit un budget au départ. Si on doit le dépasser, plutôt que de l'augmenter, on repense le film. C'est une gageure très excitante. C'est devenu une obsession pour tous ceux qui font des films et pour les studios. Qu'est-ce qu'on peut arriver à faire avec un budget donné. La responsabilité du metteur en scène, c'est de se servir de cet argent comme si c'était le sien."
Abrams met ses convictions en pratique. Son 3e film, Super 8, n'a coûté "que" 50 millions de dollars, et sa production Cloverfield, bien moins. La mode est aux effets spéciaux ébouriffants et aux grands spectacles. La réalisation s'appuie sur la post-production et rend les réalisateurs paresseux, estime Abrams.
On ne peut qu'être d'accord avec lui.
Bizarrement, ce point de vue est une rareté à Hollywood. La preuve en est la disparition des petits studios. Quant aux majors, ils n'hésitent pas à perdre de l'argent sur des méga-productions comme John Carter ou Battleship plutôt que d'essayer de produire des films à moindre coût qui seraient au final plus rentables.
Car n'importe qui peut faire un film à gros budget. Faire un bon film en revanche demande du temps, de la passion, un investissement personnel et surtout beaucoup de patience.
On sait qu'Abrams est avant tout un fan. Il sait bien que prévoir la sortie d'un film pour lequel on n'a ni scénario ni metteur en scène ni acteurs est une aberration. C'est la raison pour laquelle ses 2 Star Trek n'ont pas respecté (ou ne respecteront pas) la date de sortie anticipée par les studios.

[source : LA Times]

2 commentaires:

  1. et alors c'est quoi la solution d'après lui ? moi j'ai l'impression que les réalisateurs se font entuber, c'est fidèle à notre époque

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    1. moins d'effets spéciaux et plus de matière grise

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