29 novembre 2012

J.J. Abrams : conversations au M.I.T. (suite)

Pour J.J. Abrams, le processus créatif, c'est "un peu comme conduire dans le brouillard. Vous savez où vous allez, mais quelquefois, il faut faire des détours. C'est un organisme vivant qui évolue en permanence."
Car s'il sait comment se termine l'histoire, il y a mille façons d'arriver à cette conclusion. Et en cours de route, on peut rencontrer des obstacles ou faire face à des situations inattendues. Quand il est en tournage, il sait bien qu'une fois que la caméra se met en route, "il faut savoir lâcher et voir où ça mène. C'est impossible de tout anticiper."
Très impressionné par le laboratoire des media du professeur Joi Ito au MIT, Abrams a confié que l'endroit faisait aussi remonter à la surface la génèse de Fringe et le souvenir de scénarios qui mettaient en scène des gens mystérieux qui travaillent dans des laboratoires secrets. Et de s'excuser s'il a heurté involontairement la sensibilité de quelques scientifiques.


Quand on écrit une série, il arrive qu'on mette sur le devant de la scène tel ou tel personnage mais qu'au final, ça ne produise pas d'effet. "Alors, il faut le tuer," a plaisanté Abrams. A l'inverse, un personnage qui ne devait pas revenir devient instantanément un chouchou du public. "On réalise que c'est un personnage bien plus important que prévu alors qu'il n'était au départ que quelques lignes dans un des scripts."

Et si J.J. Abrams se contentait de suivre son plan de départ, l'histoire serait sans doute bien moins intéressante. Ainsi Linus de Lost ou September, l'Observateur de Fringe, ne devaient revenir ni l'un ni l'autre.... Le hasard préside au processus : quelquefois on trouve la question après avoir eu les réponses !

L'important, c'est de raconter "une bonne histoire". C'est la raison pour laquelle il est impatient d'écrire pour le câble. En effet, sur les grandes chaînes généralistes, le découpage de l'épisode est tributaire de la pub. Il faut créer des moments dramatiques qui n'ont rien à voir avec le récit pour coller avec les coupures imposées par le format. "C'est une manière d'envisager l'écriture" complètement contre-productif.

Avec des séries bourrées d'effets spéciaux, il ne faut pas oublier le but : faire que ça marche. "Il faut que j'ai la chair de poule," conclut Abrams. "Une grande part de mon travail consiste à brouiller les cartes."

[source : MIT News]

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