18 janvier 2013

L'histoire de Fringe - 4e partie

Après LOST, l'ensemble des chaînes commença à s'angoisser et refusa systématiquement toute série qui pourrait souffrir du même syndrome rédhibitoire : la "sérialisation". C'est la raison pour laquelle à ses débuts, les producteurs de Fringe essayèrent de marier mythologie et épisodes de type stand-alone. Mais l'envers du décor révèle que Fringe a bénéficié d'un soutien massif de la chaîne Fox.


J.J. Abrams, co-créateur : "Quand 'Fringe' a débuté, et c'est à cause de l'histoire de l'avion qui s'écrase dans le pilote, tout le monde a dit que c'était un copié-collé de 'Lost'. Heureusement, la série a continué suffisamment longtemps pour que les gens se rendent compte qu'il n'en était rien."

Bryan Burk, co-producteur : "Je pense que le projet sur lequel vous avez travaillé avant a toujours tendance vous faire de l'ombre. On était en plein dans 'Lost' qui n'avait rien à voir. 'Lost' était quelque chose de particulier. C'est drôle parce quand nous avions commencé 'Lost', on s'était demandé comment faire un feuilleton que les gens pourraient commencer à suivre n'importe quand. Et on a refait la même chose pour 'Fringe'."

Kevin Reilly, Fox : "Que ce soit le nouveau 'Lost' ne m'a jamais effleuré l'esprit. 'Lost' était unique, c'était un modèle nouveau à un moment précis. J'ai eu peur qu'on s'enferme dans ce modèle. Et il n'y avait pas que moi. Warner Bros. et Fox recherchait une série plus structurée qui resterait inventive et surprenante. C'est la stratégie qu'on a voulu mettre en place."

Peter Roth, Warner Bros. : "On n'a jamais pensé que c'était une série dramatique sérialisée. On ne l'a pas présentée comme ça. Il y avait des éléments de ce type pour les arcs des personnages, mais au départ, il n'était pas question de faire un feuilleton mais exactement le contraire. L'idée c'était d'avoir une histoire qui parlerait d'anomalies scientifiques avec un début, un milieu et une fin chaque semaine."

Bryan Burk : "Quand on regarde les premiers épisodes, on voit bien que nous avons essayé qu'ils se suffisent à eux-mêmes. Mais la nature de la série, ce vers quoi elle tendait même si nous refusions de l'admettre, c'était de devenir un feuilleton. Consciemment, on ne s'est pas dit 'on va faire une série à suivre'. En réalité, c'est souvent la série qui vous dit ce qu'elle veut devenir. Et c'est ce qui s'est passé."

J.J. Abrams : "Le premier épisode n'a pas eu un succès extraordinaire. Mais ça marchait suffisamment pour qu'on pense que la série avait deux ou trois ans devant elle. Joel [Wyman] et Jeff [Pinkner] ont alors commencé à écrire des histoires qui étaient à la fois des stand-alones et qui présentaient beaucoup d'éléments de la mythologie. On a fait ça pour que les gens ne soient pas obligés de regarder tous les épisodes pour comprendre ce qui se passait."

Joel Wyman, showrunner : "On a commencé avec des épisodes type monstre de la semaine. C'est absolument évident maintenant, ça fait presque mal aux yeux, que ça ne marche pas. On est obligé de se dire 'Attends là, il y a une antinomie' entre ce que veut la chaîne (des stand-alones) et les fans qui disent 'J'en ai marre des épisodes qui ne servent à rien, je veux de la mythologie, je veux en savoir plus sur les personnages. S'il vous plaît, racontez-nous ça !'."

Blair Brown (Nina Sharp) : "Ce n'est pas 'New York, police judicière'. On n'est pas non plus dans une série d'investigation comme 'Les experts' dans laquelle les gens n'ont presque pas d'importance : ce sont des archétypes dont on se sert pour raconter une histoire."

Anna Torv (Olivia Dunham) : "Notre série a vraiment trouvé son rythme quand ils ont commencé à raconter ce qui était essentiellement des enquêtes mais qu'elles avaient un lien avec les personnages."

Reilly : "Pendant la première saison, les fans hésitaient, cherchaient le potentiel. Le pilote a fait un très bon score. C'est la seule et unique fois. Tout au long de la saison, les chiffres ont été en baisse constante. Je crois que ce n'était pas pour les fans des 'Experts', et que ce n'était fait non plus pour les fans de 'Lost', parce que ce n'était pas 'Lost'. Il a fallu faire des concessions."

Bryan Burk : "Kevin Reilly nous a tout de suite laissé une totale liberté. Il était d'accord sur tout, la sérialisation, l'enquête de la semaine, mais il nous a supplié de lui dire dès le début ce qu'on voulait faire et de foncer. Il nous a apporté une aide formidable, il nous a stimulés, il nous a permis de créer cette série. Que le responsable d'une chaîne soit capable de dire vous dire 'Quoique que vous fassiez, je vous soutiendrais', pour nous tous, ce fut une expérience extraordinaire."


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[Source : TV GUIDE]

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