28 février 2013

Joel Wyman : "Écrire, c'est terrifiant"

Nous sommes Niels Arden Oplev et J.H. Wyman
Réalisateur et scénariste de Dead Man Down
Alors qu'il est en train de mettre la dernière main au script d'Inhuman dont le tournage commence dans trois semaines à Vancouver, Joel Wyman assure la promotion du film de Niels Arden Oplev, Dead Man Down, à sortir début avril en France, dont il a écrit le scénario.

Après Millenium, le réalisateur danois était à la recherche d'un scénario qui l'accrocherait. Wyman qui venait de voir son film et finissait d'écrire ce script lui a tout simplement envoyé. Des personnages embarqués dans une revanche qui tourne mal. Comme dans la vraie vie.
"C'est une histoire à la fois captivante et divertissante avec des personnages qui ont une vraie profondeur," explique Arden, manifestement séduit. "Je n'ai pas hésité une seconde. C'était tout à fait ce que je cherchais. C'est un film néo-noir qui ne se sert pas des conventions du genre."

Noomi Rapace, avec qui Oplev avait travaillé pour Millenium, a certainement influencé sa mise en scène. "C'est quelqu'un d'excentrique et ça se voit dans le rôle. Elle ajoute un sentiment d'imprévu à l'intrigue." Aussi bien Oplev que Wyman se disent prêts à retravailler avec la comédienne suédoise qui est en train de devenir incontournable puisqu'on l'a vu aussi récemment dans Prometheus, Sherlock Holmes 2 et Passion de De Palma.

D'où vous est venue l'idée du scénario ?
JHW : "Quand j'ai écrit ce scénario, ce qui m'intéressait, c'était de porter un regard sur la nature du bien et du mal. En réalité, personne n'est jamais vraiment en sécurité. Notre vie dépend de la relation à l'autre. Je voulais montrer les points forts aussi bien que les côtés vulnérables de quelqu'un. Tout le monde sait que, disons, le mal existe. Mais personne n'a envie qu'il bouleverse votre vie et le cercle de vos connaissances. Il y a cette citation que j'aime beaucoup 'On peut guérir même le cœur le plus noir'. J'avais mon idée de base, on peut dire que c'est une métaphore."

Wyman et Oplev sont tous les deux réalisateurs et scénaristes. Qu'aurait donné Dead Man Down si les rôles avaient été inversés ?
JHW : "Il y a deux facettes à ma personnalité. D'un côté, je suis comme Howard Hughes. J'aime bien être tout seul et observer le monde autour de moi plutôt que participer. Une partie de ma thérapie, c'est de mettre en scène. D'un seul coup, vous êtes sur le plateau avec 350 personnes et vous pouvez vraiment visualiser tout ce que vous avez rêvé. C'est une véritable gageure. C'est deux choses très très différentes. Écrire, c'est terrifiant alors que réaliser, c'est presque libérateur."

D'où vous vient l'inspiration ?
JHW : "J'écris toujours sur des sujets dont je me sens proche ou qui m'interpellent et qu'il me paraît important de transmettre. Questionner ce que signifie être un homme sur cette planète aujourd'hui. Je pense à l'intrigue en dernier. En premier, je cherche ce que je veux raconter en fonction de mes préoccupations du moment."

Est-ce que Dead Man Down est un film noir?
JHW : "Pour moi, les meilleurs films noirs sont ceux dont le centre est la moralité. Dans Dead Man Down, cette moralité est à deux niveaux. D'un côté, prouver à Viktor que ses actions ont des conséquences, mais d'un autre côté, qu'il y a aussi des conséquences à ce que fait le méchant du film. Qu'on fasse le bien ou le mal, il y a toujours des répercussions même si ce n'est pas ce qu'on a prévu au départ."

Le produit fini correspond-il à votre vision ?
JHW : "Tout à fait. Il y a tout ce qui m'intéresse. Niels a ré-inventé mon scénario. Ce que je trouvais bien est devenu meilleur. C'était le réalisateur idéal, je n'aurais pas mieux tomber. Sa réalisation, c'est exactement ce que j'avais en tête en l'écrivant. Je n'ai pas à me plaindre, pas plus en tant que scénariste que producteur."

On peut voir dès maintenant la bande-annonce du film dans les salles en France. Sortie le 3 avril 2013.

IAmA

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