25 avril 2013

J.J. Abrams : pas assez de rôles pour les femmes dans "Star Trek"

Zoe Saldana : Uhura
Au départ, Star Trek fut la première série à caster des comédiens asiatiques ou de couleur. C'est aussi dans la série qu'on a vu le premier baiser inter-racial à la télévision (entre Uhura et Kirk) et le premier vaisseau spatial commandé par une femme, le capitaine Janeway de Voyager.
David Gerrod, un des scénaristes de la série originale, explique d'ailleurs dans son "The World of Star Trek" que le vaisseau "devait montrer toutes les races parce c'est le monde tel qu'il est. Car comment s'entendre avec des extraterrestres si l'humanité n'est pas capable de le faire chez elle ? "

J.J. Abrams dont le 2e Star Trek, Into Darkness, sortira en France le 12 juin (on peut déjà voir la première bande-annonce en salle depuis hier), reconnait que si la franchise a fait avancer les droits des femmes et des minorités, et de manière plus générale défendu les droits civiques, elle peut encore faire mieux.

"Non pas parce ce qu'il existe des rôles écrits soit pour des hommes soit pour des femmes, mais parce que c'est normal qu'il y en ait autant. Il faut plus de rôles de femmes" dans les prochains films de la franchise, affirme Abrams.

"C'était primordial pour moi quand j'ai écrit Alias ou Felicity. Les rôles féminins devaient être plus importants que les autres. Même si dans les films on voit Uhura faire quelques trucs bien plus cools que dans la série originale, on ne la voit pas encore assez. Je suis très content que Zoe soit beaucoup plus présente que dans le premier Star Trek que j'ai réalisé, mais ça ne suffit pas."

Cette égalité se retrouve dans les scènes "dénudées". "Le personnage interprété par Alice Eve (le docteur Carol Marcus) se déshabille mais Kirk aussi. Pas de jaloux ! "

Mais Abrams n'est pas l'optimiste enragé qu'était le créateur de la série, Gene Roddenberry.

"Son Star Trek avait en ligne de mire un avenir prometteur. Je ne suis pas aussi optimiste que lui mais ça ne veut pas dire que je ne le suis pas du tout. Ce que j'ai envie de faire, c'est décrire un futur plus réaliste et romantique et sans doute être plus mesuré."
"Je ne veux pas non plus gommer les conflits ou supprimer les énormes gageures" auxquelles fait face l'équipage de l'Enterprise. "Mais ma priorité, c'est montrer des gens qui travaillent ensemble" pour un avenir meilleur. "Quelque soit votre race, votre religion ou votre culture, ou encore votre expérience, je pense que tout le monde peut mettre tout ça en commun pour explorer l'inconnu."

Et il le prouve en donnant à Zachary Quinto, artiste gay engagé, le rôle iconique de Spock, prouvant ainsi qu'on peut aller à l'encontre du stéréotype d'Hollywood qui veut qu'un homosexuel ne peut pas jouer de rôle principal. Pari réussi puisque Quinto crève l'écran dans Star Trek: Into Darkness.
Quinto a rejoint la campagne It gets Better de Jamey Rodemeyer, un adolescent qui luttait pour prévenir les suicides dans la population ado des LGBT (Lesbienne, Gay, Bi et Trans). "Après la mort de Jamey, j'ai compris qu'être gay sans l'avouer publiquement ne suffisait plus. Notre société doit reconnaître nos droits civiques."

"Je peux affirmer que Zachary est l'un des meilleurs acteurs avec lesquels j'ai eu l'honneur de travailler," explique Abrams. "C'est aussi quelqu'un de formidable. Son Spock est incroyable. Je ne vois pas pourquoi il n'aurait pas un rôle principal. On oublie ses oreilles pointues et le fait que le personnage est métisse. Il est vraiment Spock. Sa passion et sa férocité font oublier tout le reste. Je suis fier de dire qu'il est dans mon film et surtout que nous sommes amis."

Mais le film est aussi ancré dans l'actualité après le tragique attentat du marathon de Boston. "J'espérais que le film ne serait pas défini par ce qui se passe et qu'on irait le voir pour se divertir. Mais même si c'est ce que je voulais, désespérément, je sais aussi que Star Trek s'inscrit dans un discours plus politique et culturel."
L'attentat orchestré par un méchant charismatique interprété par le britannique Benedict Cumberbatch plonge le monde dans un chaos où se profile le spectre d'une guerre totale.
"C'est aussi la raison qui nous pousse à entrer dans un cinéma pour voir un film qui nous fera réfléchir et peut-être donnera un sens à ce qu'on essaie de faire pour combattre nos démons," pense Abrams. "Notre méchant est plus complexe que le méchant de mon premier Star Trek. Eric Bana jouait un Romulien obsédé par la vengeance. Dans Into Darkness, si le méchant est tout aussi en colère et sans pitié, son histoire est beaucoup plus intéressante. Il a un rôle actif dans le récit. Ce n'est pas un personnage simple. Cumberbatch, qui joue Sherlock Holmes dans une série de la BBC, est incroyable en terroriste. Kirk et les autres ont vraiment du mal à comprendre ce qui se passe et à déjouer ses plans. C'est un film sombre dans lequel on ressent la terreur mais aussi où plane la mort. C'était important d'avoir cette nouvelle perspective après toutes ces années au cours desquelles on a parodié Star Trek."
Si le film a reçu des réactions mitigées après sa présentation en Australie, Cumberbatch s'est en tout cas attiré des louanges dithyrambiques !

[source : heraldsun.com.au, dailytelegraph.com.au, New York Times]

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