8 mai 2013

John Noble parle de Brainiac

John Noble en studio pour "Superman: Unbound" (Gary Miereanu)
John Noble quitte la peau d'un génie pour en retrouver un autre dans le dernier avatar animé de DC, Superman: Unbound (Superman contre Brainiac) de James Tucker avec Matt Bomer (Superman), Stana Katic (Lois Lane) et Molly Quinn (Supergirl) qui sera dans les bacs en France le 5 juin prochain.

En effet le comédien a prêté, dans la version originale, sa voix à Brainiac, un extraterrestre hybride, ennemi juré de Superman dans ce film basé sur le comic book écrit en 2008 par Geoff Johns et Gary Frank.  
Brainiac rétrécit la cité kryptonienne de Kandor et la met en bouteille...

John Noble avait très envie de travailler avec Andrea Romano, selon lui une légende dans le domaine de la direction d'acteurs.

"Par chance, j'étais à Los Angeles à ce moment-là. Nous sommes tombés d'accord sur ce projet qui était parfait pour nous deux. J'ai fait beaucoup de pièces à la radio en Australie. J'aime beaucoup ça. Mais je n'accepte les rôles que si je suis à la hauteur, si c'est suffisamment intéressant. Si ce n'est pas le cas, je refuse. Il faut qu'il y ait un déclic, en fait. C'est pareil pour un rôle à la télévision ou au cinéma. On m'offre un rôle que je trouve trop plat et je le refuse. Mais quelquefois, on entrevoit quelque chose de magique et cela emporte votre décision."

S'il ne connaissait pas Brainiac (Warner Bros lui a donné un cours de rattrapage), il avait lu enfant les comic books de Superman, l'un de ses superhéros préférés avec le Fantôme (Phantom).

"Je vivais dans une petite ville. Donc on n'avait pas beaucoup de choix. Superman était l'un des bandes dessinées auxquelles j'avais droit. Je me souviens que je les dessinais à l'époque. Superman est la quintessence du héros. Il y en a eu des centaines d'inventés depuis mais pour moi c'est le plus grand. Sans compter que tout le monde a envie de pouvoir voler, de voir à travers les murs ! Tout cela a affecté des générations de lecteurs et  notre manière de penser. Avant Superman, on n'y pensait pas vraiment je crois."


Si le travail de doublage est différent, Noble n'avait pas pour autant envie de tomber dans le cliché de la voix atone et métallique.

"Il faut l'éviter à tout prix. Si vous vous enfermez dans des clichés ou des idées préconcues, vous vous limitez et votre travail s'en ressentira. Cela limite beaucoup de penser de cette façon. Je me dois de créer, d'apporter tout ce que je peux sur la table. C'est ce que j'essaie de faire. Et mon travail est agréable à cause de ça."
"Il y a plein de façon de faire bien les choses sans tomber dans le piège du cliché. Le directeur voix connait le film et ses tensions mieux que les acteurs. C'est une grande aide car il vous guide tout le long du processus. Travailler dans le doublage, c'est très fatigant. Vous entrez en studio, vous mettez le casque et c'est parti. Il n'y a pas de pauses. Au bout de quatre heures, vous êtes complétement essoré. C'est intense. Vous ne pouvez compter que sur vous et rester concentré. Et aussi sur ce que votre voix rend possible ce jour-là. Cette intensité, je trouve ça excitant. C'est très très répétitif. Il faut recommencer encore et encore. Le metteur en scène voudra pouvoir choisir entre plusieurs versions différentes. Quelquefois trois ou quatre. J'adore ça."


"Il ne faut oublier que nous nous adressons à des gens donc on a tendance à faire de l'anthropomorphisme. Si on joue un chien dans un dessin animé, on va lui donner des qualités humaines, parce que c'est ce qu'on est le plus apte à comprendre."
"Une voix de robot, ça peut être bien, mais je crois qu'il faut lui donner des attributs humains pour que le public se sente concerné. Dans le cas où le personnage n'a pas d'émotions, il faut piocher dans une période de votre vie où vous ne ressentiez rien, ou pas grand chose pour une raison ou une autre. [Dans le cas de Brainiac], il y a plein d'exemples dans l'histoire de l'humanité de gens qui ont agi comme lui. On fait toujours référence à Hitler et au IIIe Reich, mais avant lui il y a eu Genghis Khan. La mégalomanie est une constante. Cette tendance à vouloir contrôler est très humaine et s'est rencontrée des centaines de fois dans l'Histoire."
"Nous ne savons pas mettre des cités entières en bouteille, mais je suis sûr que si on pouvait, on le ferait. Enfin pas nous, mais quelqu'un. Le pouvoir est une drogue. Le pouvoir corrompt. Brainiac ne fait rien de plus que tout ce qu'un a déjà fait dans le passé."

La science fiction est un genre qui plaît à Noble. Un genre qui fait de l'Histoire son fond de commerce.

"J'adore la science fiction. C'est le genre le plus populaire parce qu'il permet aux gens de se servir de leur imagination, de rêver, d'explorer des choses mystérieuses. Dans le quotidien, notre imagination est entravée. Sans cette échappatoire, c'est difficile d'être heureux."
"Les vrais fans de SF, je m'en suis rendu compte au fil des années, vont à des conférences, font toutes sortes de choses. Ils vivent dans un monde qui n'est limité que par leur imagination."
[Dans Superman contre Brainiac], "les personnages sont outranciers, le temps compressé, la technologie à tomber par terre. Ces personnages sont amplifiés. Les méchants sont pires, les bons sont meilleurs. Les superhéros ne sont pas des gens ordinaires. C'est quelque chose qui nous attire."
"Que ce soit dans le fantastique ou la SF, c'est une façon de poser des allégories, des histoires qui ne sont pas limitées comme celles de notre quotidien dans lequel nous sommes coincés entre le métro et la machine à café."
"Je me dis souvent que si Tolkien a créé une histoire extraordinaire avec Le Seigneur des Anneaux, c'est grâce à ces techniques qu'il a employées. Et si vous n'écrivez pas de la fantasy, c'est impossible. Ou alors il faut être Jules Verne qui a réussi à écrire ce qu'il a écrit sans être obligé d'inventer un univers scientifique de fantaisie."


Mais John Noble est déjà loin du monde de Superman puisqu'il tourne en ce moment un film en Australie avec Georgina Haig et Hugo Weaving (Matrix).

"Une des choses qui me tenaient à coeur, c'était de rentrer en Australie et de travailler là-bas. Je suis en train de tourner un film en ce moment et après je ferais une mini-série. C'était vraiment mon objectif de me repositionner sur le marché australien donc je suis content que tout soit allé aussi vite. Comme je le dis souvent à mon agent, je suis sûr qu'il y a un rôle qui m'attend là-bas. Je ne l'ai pas encore lu, je ne sais pas ce que c'est, mais il existe."
"Et puis j'en ai aussi discuté avec J.J. Abrams et d'autres, mais pour l'instant, il n'y a rien qui me saute aux yeux ou qui m'inspire. Et là, je pense à la télévision. Si vous vous engagez dans un projet pour la télévision, il faut vraiment que ce soit intéressant, surtout si la série est développée parce que vous passerez les quatre ou cinq années suivantes. Si vous n'aimez pas le personnage ou ce que vous faites, c'est horrible, je trouve."

Ses discussions avec Abrams concernent-elles une suite à Fringe ?

"Pour être tout à fait franc, cette histoire de film Fringe, je crois que ça vient de moi uniquement. Je l'ai inventée. S'il existe le moindre soupçon que ce film puisse avoir du succès, je pense que ça finira par se faire. Si ce n'est pas le cas, ça ne se fera pas parce qu'il s'agit au final d'une décision financière. A mon avis, il pourrait trouver un public suffisant, nos fans sont nombreux. Je préfère me taire et attendre. Je ne suis au courant de rien, mis à part cette rumeur que j'ai moi-même lancée."

Puisqu'il a maintenant participé à trois franchises d'importance, quels sont les fans qu'il préfère de ceux du Seigneur des Anneaux, de Fringe ou de Superman ?

"Je ne peux pas répondre à cette question ! On peut dire qu'il y a un crossover énorme entre les fans de ses trois univers. Ce sont les mêmes qui suivent ce genre, pourtant ce sont des genres très différents. Par exemple quand je vais à la Comic Con ou à d'autres conventions, c'est incroyable parce que le public connait absolument tout, bien plus que moi en tout cas. On ne peux pas répondre aux questions. Je me souviens au moment du Seigneur des anneaux, il fallait que fasse des recherches pour être capable de répondre aux questions qu'on me posait ! "

[source : Hero Complex/LA Times, MTV Geek]

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