2 juin 2013

"Fringe: The Zodiac Paradox" : la critique

Premier titre de commande s'inscrivant dans le Fringevers, The Zodiac Paradox écrit par Christa Faust est sorti en librairie le 14 mai aux États-Unis.
Inspiré par le vrai tueur en série Zodiac (on se souvient du film que David Fincher lui a consacré en 2007), qui revendique 37 victimes en Californie et échappe encore à ce jour aux autorités, le roman démarre fort.

"Il aimait tuer les jeunes gens d'abord.... parce qu'il voulait que la fille sache que personne ne viendrait à son secours [He liked to kill the young men first... because he wanted to show the blonde that no one could save her]."

Mais le tueur s'est attaqué à un couple de flics et ne doit son salut qu'à son plongeon dans un lac.
Dans une autre dimension, Walter Bishop et William Bell expérimentent un cocktail à base de LSD supposé décupler leurs facultés d'empathie. Ce qu'ils ignorent, c'est que leur expérience a provoqué une déchirure de l'espace temps et permis au tueur d'échapper à la police. Les étudiants mettent son arrivée sur le compte d'une hallucination. 
Quelques années plus tard, ils se rendent compte qu'ils ont introduit dans leur réalité un psychopathe particulièrement dangereux. Leurs tentatives pour le renvoyer chez lui déclenchent une cascade d'événements inattendus.

Christa Faust
Si Faust, rompue à l'exercice de la "novélisation", parvient à recréer sans peine la "voix" de Walter, le résultat n'en demeure pas moins assez vain. On ne peut guère le reprocher à l'auteur qui nous propose un roman fantastique policier bien mené, dynamique et intéressant, parfois assez drôle. Mais l'histoire se déroule en 1974 et il n'y a guère de suspense pour le lecteur qui connait la série.
Faust se ré-approprie l'un des thèmes majeurs de la série, la culpabilité qui terrasse Walter quand il comprend que sans ses expériences récréatives et égoïstes, nombre de victimes seraient encore en vie.
On pourra reprocher à Faust d'avoir voulu à tout prix satisfaire les fans avec des clins d’œil [Roscoe Joyce par exemple] sans enrichir la mythologie ce qui s'avère au final assez frustrant. Si le tueur Allan Mather est quelquefois caricatural, sa création de William Bell est sans doute ce qui dessert le plus le roman. Elle en fait quelqu'un dont on peine à croire qu'il puisse être le meilleur ami de Walter. Ce William-là est sans doute doute l'itération passée de celui qui trahira les Bishop. On pourra aussi juger l'addition tardive de l'Observateur inutile et même préjudiciable à la série.
On aura cependant l'opportunité de découvrir une jeune Nina Sharp très semblable à FauxLivia et de lever le voile sur le début d'une tragédie qui n'aurait pas commencé en 1985 avec l'enlèvement de Peter.


Suffisamment originale pour séduire le die-hard fan, cette première histoire navigue dans des eaux familières sans jamais verser dans la banalité ou la complaisance. Elle offre une immersion parfaitement crédible, ajoutant un tueur en série au Fringevers. C'est en outre un roman de science-fiction honorable qui peut se lire sans aucune connaissance préalable de la série.

C'est aussi l'occasion de retrouver des personnages qui nous ont cruellement manqués depuis la fin de Fringe le 18 janvier dernier.

Note : on regrettera que l'iconographie choisie par Titan Books ne rende pas justice aux personnages : il s'agit après tout de la jeunesse de Nina et Walter !

Note 2 : où sont passé les correcteurs ? au hasard, on trouve je ne sais combien de fois all right écrit alright... vu les retards de parution successifs, on pourrait imaginer que le produit fini ait bénéficié de plus de soin de la part de l'éditeur...

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