3 juillet 2013

Lance Reddick : "Je n'avais pas le choix"

Lance Reddick dans le film de Roland Emmerich White House Down
Si Lance Reddick a entendu les sirènes qui l'appelaient à embrasser une carrière d'acteur, il les a longtemps ignorées. Avec un père avocat et une carrière tout tracée de compositeur, il trouvait que s'orienter vers le métier de comédien était idiot. Puis en dépit de sa timidité, les choses ont changé.

"J'ai toujours su que cela m'attirait mais je n'y faisais pas attention. Je pensais que les gens qui voulaient devenir acteurs étaient un peu cinglés."

La longue liste de ses apparitions à la télévision le prouve. Oz, LOST, Sur écoute, Fringe sont autant de preuves qu'il était bien fait pour le métier de comédien.

Reddick a d'abord étudié le piano à la prestigieuse Eastman School of Music de Rochester. "Mes parents voulaient me donner ce qu'ils n'avaient pas eu, ce qui fait que j'ai grandi parmi des jeunes venus d'un milieu blanc aisé."
"Tous les parents de ces enfants étaient soit juristes, soit médecins, banquiers ou architectes. Je ne comprenais pas à l'époque. Maintenant, si."

A l'école primaire épiscopale, il faisait partie d'un chœur. "Beaucoup d'enfants africano-américains chantent le gospel. Moi je chantais des chants grégoriens et des motets du 16e siècle."

Pourtant, cela ne l'empêcha pas de quitter Eastman avant d'obtenir son diplôme. "Je me suis rendu compte que je me voilais la face. En fait, ce que je voulais, c'était devenir une rock star. Alors je me suis marié à la sortie de l'école, j'ai déménagé à Boston parce que ma femme était de là-bas. J'ai eu une fille deux ans plus tard. J'avais trois boulots, je bossais sept jours sur sept."

Mais il ne savait toujours pas quoi faire. Une blessure a tout changé.
"Je manipulais des paquets de journaux. Ce qui m'est arrivé, ce n'est pas tant à cause du poids qu'en raison de l'état d'épuisement dans lequel j'étais. J'avais déjà dans les pattes une journée de serveur et j'avais ré-attaqué sur la livraison de journaux, --le Wall Street Journal dans le centre ville de Boston ... J'étais sur le pont depuis 24 heures, et j'étais tellement mort que quelque chose a lâché. J'étais habitué à fonctionner à l'adrénaline. Je continuais à m'entraîner à la salle en plus de tout le reste. Quand j'avais mal ou que j'étais fatigué, je n'y faisais pas attention."

Quinze jours après, il était bloqué au lit. Les deux semaines de repos qui suivirent l'ont obligé à ré-évaluer ses priorités. "Ça peut paraître dingue, mais je me suis dit, je sais chanter, je peux faire l'acteur alors je vais repartir de zéro. J'ai passé des auditions pour des comédies musicales et là j'ai compris que je n'étais pas fait pour ça. Alors je suis allé à des auditions pour des rôles sans musique et je les ai tous eus, les uns après les autres."

Pour Reddick, c'est le fruit de son apprentissage avec le Erhard Seminars Training (EST) — particulièrement un cours en communication, qui lui a permis d'avoir ces rôles.
"Je dirigeais de séminaires quand j'étais à la fac. Je crois que c'est primordial à mon background. Cela m'a permis de sauter les étapes et de pallier mon manque d'expérience quand j'auditionnais. Je savais comment m'y prendre pour prendre la température du public et me comporter face à ce public — même si je ne savais rien du processus de l'audition proprement dit. Cela changeait tout. Quand j'ai terminé ma formation avec EST, je voulais qu'on me rembourse parce que j'avais l'impression de ne rien avoir appris. Mais j'ai continué par curiosité. Et cela m'a servi. Quand j'en suis sorti, je n'étais plus le même homme. Je suis quelqu'un de naturellement timide, d'introverti. J'étais gêné par le regard des autres, et quand je suis sorti de là, tout ce que j'avais gardé enfermé depuis l'âge de 7 ans est sorti d'un coup."

Même s'il lui est arrivé d'être dans trois séries en même temps, il n'a pas eu une carrière facile. Il divorce en 1997. "Elle gagnait trois fois plus que moi. Elle n'est plus parmi nous mais c'était une artiste brillante, elle avait un talent fou. Six mois après notre séparation, j'ai tourné Couvre-feu [The Siege d'Edward Swick avec Bruce Willis et Denzel Washington]."
"J'essayais de ne pas croiser le proprio et j'avais les enfants une semaine sur deux. J'étais obligé d'emprunter de l'argent pour qu'on puisse manger. Puis j'ai fait Je rêvais de l'Afrique [avec Kim Basinger] et j'ai joué Marc Antoine dans Jules César au Guthrie [de Minnéapolis]."
"Quand je suis revenu à New York, je suis resté au chômage pendant six mois. Pour quelqu'un qui a toujours eu du travail ou un petit boulot à côté et quelques économies, ça passe. Ce n'était pas mon cas."
"J'ai continué parce que je n'avais pas le choix. Je n'allais pas redevenir serveur. La seule solution, c'était de réussir."

[source : Pantagraph]

2 commentaires:

  1. J'aime que Lance explique qu'il a du travailler dur pour réussir et s'en sortir. C'est un message qui a du sens au contraire du message donné par les émissions de TV réalité... Dans ce cas, c'est plutôt soit super sexy ou super violent ou super vulgaire si tu veux réussir...Malheureusement!

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    1. Oui, c'est clair que pour réussir à percer dans ce milieu et encore plus lorsque l'on est aux States, il faut non seulement avoir du talent mais aussi bosser dur, très dur, avoir de l'ambition, un sacré tempérament et un gros caractère bien trempé........ Il ne suffit pas de faire "risette" à la presse lors des interviews et d' être gentil avec ses fans pour percer.... et ça s'applique bien sûr au reste du cast de Fringe (là, je pense à miss Anna) et aux autres séries......

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